1.      Période préhistorique

    Dès le début de l’époque quaternaire (2 millions d’années), notre région était certainement habitée. Nos ancêtres les plus lointains, qui pour confectionner leurs instruments n’avaient que la pierre et particulièrement le silex, ont laissé des traces évidentes de leur passage dans les villes proches de Vieux-Mesnil : Hautmont et Maubeuge.

            Ces primitifs se réunissaient en troupes, avaient pour abri des cavernes qu’ils disputaient à de grands carnassiers, étaient vêtus de peaux de bêtes, se nourrissaient du gibier qu’ils tuaient à la chasse ou des poissons qu’ils prenaient à force de ruse et de patience. Ils ne possédaient qu’un seul animal domestique: le renne, aujourd’hui relégué au pôle. La vie se passait pour eux en une lutte sans trêve contre les animaux sauvages qui peuplaient alors le pays, contre l’homme lui-même, qui à l’occasion mangeait ses semblables.

            En heurtant deux silex l’un contre l’autre, le sauvage obtient des pierres tranchantes; il se fabrique ainsi des haches, des casse-têtes, des marteaux, des flèches, des cuillers pour enlever la moëlle des os qu’il rompt, des racloirs pour égorger le gibier et gratter les os et les tendons.

            On a trouvé à proximité de VIEUX-MESNIL, des pierres à fusil certainement travaillées de mains d’hommes et qui caractérisent les premiers temps de l’humanité: l’âge de la pierre éclatée.

            Différents spécimens ont été trouvés: lances, pierres de frondes, perçoirs. Certains cailloux affectent naturellement la forme de haches, de couteaux et il faut une certaine habitude pour les rejeter et distinguer les pierres, souvent informes à première vue, qu’ont employées les premiers hommes. Elles sont souvent caractérisées par le bulbe de percussion, renflement qui se produit dans l’éclat du silex un peu en dessous de la partie qui a reçu le choc violent du corps dur. Dans les pièces destinées à être emmanchées, pour faciliter l’ajustage, et consolider l’outil, le bulbe est généralement enlevé par éclat.

            Des grottes ont été découvertes à BOUSSIERES SUR SAMBRE, la présence d’armes et d’outils de pierre dans le voisinage nous permet de supposer que ces cavernes ont été habitées par les premiers hommes.

            A côté de ces ébauches vulgaires, on trouve des instruments plus parfaits et aptes à rendre de meilleurs services. La pierre, au lieu d’être éclatée, est polie. L’arme ou l’outil se rapprochent par leur forme et leur fini, des instruments des peuples civilisés. L’homme donne à la flèche, un tranchant plus effilé, il aileronne les flèches pour les rendre plus meurtrières. Il confectionne des hameçons, des couteaux, des scies, même des rasoirs. Il emploie des matériaux durs : le jade, la serpentine, l’obsidienne.

            La chasse et la pêche ne remplissent pas toute son existence, il est aussi agriculteur. Il cultive le blé, l’orge, il tisse la laine, il se bâtit des huttes.

            Le renne, le grand ours des cavernes ont disparu mais l’homme continue à chasser l’auroch, le sanglier tandis qu’il a domestiqué le boeuf, le mouton, la chèvre, le porc et, avant eux, le chien : c’est l’époque de la pierre polie.

            Un polissoir a été trouvé dans le bois d’HAUTMONT. Le grès qui le constitue ne vient pas des carrières du pays, preuve que ces sauvages faisaient déjà des échanges et avaient des relations assez étendues.

            Des haches ont été découvertes près de MONS, ces haches sont cassées et ces fractures présentent souvent une assez grande similitude. Voici la version la plus vraisemblable que l’on donne à cette particularité : d’autres peuplades d’une civilisation plus avancée, connaissant l’usage du bronze, firent irruption dans cette contrée, le bronze triompha de la pierre polie et les vainqueurs, pour éviter tout retour offensif de leurs adversaires, brisèrent les armes de ces derniers.