9.      Hydrographie

            La commune de VIEUX-MESNIL est arrosée par deux rus recevant eux-mêmes des affluents:

- le ruisseau du MANISSART d’une longueur de1600m, de 2.25m de large et dont le débit varie entre 0.010 et 0.9 m3/s.Il reçoit aussi deux affluents, le ruisseau des Quersonnières et le ruisseau du bois du Mesnil.

            Ce n'est qu'en 1882 (le 8 juillet) que fut décidée la construction d'un aqueduc (pont, pontceau ou ponceau), à Manissart. Jusque là, on franchissait le ruisseau, juste après son confluent avec le ru des Quersonnières, par un gué. Il fut décidé de détourner un peu le cours du ruisseau pour traverser le chemin vicinal n° 8 (actuelle place de Manissart, à 45°)
C'est Monsieur Despas dit Milquet, entrepreneur à Hautmont qui réalisa ce pont pour la somme de 1528,39 francs. Pour le payer, la commune vendit des terrains bordant les chemins communaux (aliénation de terrains) et des peupliers provenant d'autres terrains communaux.

- le ruisseau du MOULIN qui a une longueur de1500m, une largeur qui varie entre 1m et 1.5m et un débit de 0.005 à 0.840 m3/s. Il reçoit deux affluents : le ruisseau de la forêt de Mormal et le ruisseau d’Hoisies.

            Le 20 septembre 1810 fut décidée la construction d'un aqueduc sur le ruisseau du canard (d'Hoisies), route d'Hargnies. C'est Monsieur Delcroix, artisan à Hon Hergies qui le réalisa en pierre de la carrière de cette commune, suivant les plans de Monsieur Lembourg, architecte. Il en coûta 475 francs à la commune.

En 1877 François Gérard, entrepreneur construisit un autre aqueduc au bas de la rue de l'église, pour la somme de 225 francs. On traversait jusqu'alors à gué, ce ruisseau dont la largeur avait été accrue afin d'en diminuer la profondeur.

            Un acte de 1349 mentionne le moulin de BUZIGNETTES*  aujourd’hui disparu.
«  Rechiut à Adam-le-Clerck, dou MAISNIL, pour le dekai des meules dou moulin de Buzignettes qu’il a tenut à censse, accordait par maître Pierre Aubry, en VII écus johanues qui montent à XVIII sols tournois ».

Cet acte, traduit en français moderne donne :
" Adam-le-Clerck (Leclerc), de (Vieux)-Mesnil a reçu, pour le retard de meulage du moulin de Buzignettes, affermé par le maître meunier Pierre Aubry, sept écus premiers ** qui équivalent à dix-huit sols tournois*** "
*            l'étymologie de Buzignettes peut avoir trois sources

- l'eau              Buire ou bure tiré du cartulaire du Hainaut de 1195, signifiant écluse
Biez  tiré du "voyage de Charlemagne" du début du XIIème siècle signifie canal ou fossé
Busine que nous trouvons dans les chroniques de 1314 de Godefroy de Paris signifie petit canal ou tuyau

- la fonction Bise, du roman de Renart, en 1250 est proche du moulin car signifie : miche de pain
Bisaille nous est donné en 1325 par Thierry d'Hireçon et signifie : mélange de graines
Bruiserie tiré en 1270 des oeuvres de Rutebeuf signifiant action de briser

- l'environnement
Bezene ou Besaine nous est donné par le livre du trésor de 1260 de Brunetto Latini et signifie abeille ou ruche

                        Bien entendu, le suffixe "ette" signifie petitesse et s'associe à chacune des acceptions ci-dessus proposées.

**        En 1349, le roi de France est Philippe VI de Valois. Il a par deux fois frappé monnaie. La première fois en 1337, il a fait naître un nouvel écu dit écu premier, la seconde fois, en 1347, après dévaluation de l'écu premier, il frappe de nouveau un écu appelé écu second ou vieil écu. Le dauphin à la coutonne est, en 1347, le fils aîné de Philippe Vi, Jean de Normandie (le futur Jean II, le Bon). Donc, lorsque le texte ancien nous fait référence à des écus "johanues", il nous parle d'écus de Jean, le premier fils de Philippe, donc, d'écus premiers.

***       sol (sou) tournois se dit de la monnaie royale frappée à Tours jusqu'au XIIIème siècle, puis ensuite des monnaies royales frappées dans le même étalon.